La cartographie cutanée consiste à photographier l’ensemble de la peau puis chaque grain de beauté en très haute résolution, pour disposer d’un état de référence et repérer, d’une année sur l’autre, une lésion nouvelle ou qui change. Voici comment l’examen se déroule concrètement.
L’examen associe deux techniques complémentaires : la photographie corporelle totale (Total Body Mapping), qui documente la surface de la peau sous tous les angles, et la dermoscopie numérique, qui photographie chaque lésion à fort grossissement, en lumière polarisée. Les images sont conservées et servent de point de comparaison lors des examens suivants : c’est l’évolution dans le temps, plus que l’aspect isolé d’une lésion, qui oriente la surveillance.
La cartographie est particulièrement utile en présence de facteurs de risque : peau et yeux clairs, nombreux grains de beauté (au-delà d’une cinquantaine) ou nævus atypiques, antécédents personnels ou familiaux de mélanome, coups de soleil sévères dans l’enfance, exposition solaire ou aux cabines UV importante, traitement immunosuppresseur. Elle peut aussi répondre à une démarche de prévention sans facteur de risque particulier ; l’indication et le rythme de suivi restent une décision médicale, discutée avec le médecin.
Comptez environ 30 minutes. Venez avec une peau nue : pas de crème ni de maquillage le jour de l’examen, pas de vernis si des lésions des ongles doivent être surveillées, bijoux retirés. Signalez d’emblée les lésions qui vous préoccupent : elles font l’objet d’une attention particulière.
Le rythme dépend du niveau de risque : souvent annuel, parfois plus rapproché en cas de facteurs de risque marqués, sur décision du médecin. C’est la comparaison d’une année sur l’autre qui fait la valeur de l’examen : une lésion stable est rassurante, une lésion qui change attire l’attention — c’est le principe même de la règle ABCDE, où le E d’Évolution est le critère majeur.
Elle ne remplace ni la biopsie ni l’exérèse lorsqu’une lésion est suspecte : dans ce cas, le geste diagnostique reste la référence. Certaines zones (cuir chevelu dense, muqueuses, ongles) relèvent d’un examen ciblé complémentaire. Enfin, elle ne dispense pas de l’auto-surveillance entre deux examens ni de la protection solaire — deux piliers de prévention que rappelle l’expérience australienne décrite dans cet article.
Pour prendre rendez-vous pour une cartographie cutanée :
Prendre rendez-vous →Sources & pour aller plus loin : Institut National du Cancer (e-cancer.fr), Société Française de Dermatologie (dermato-info.fr), Haute Autorité de Santé (has-sante.fr). Le déroulement décrit correspond au protocole du centre ; il peut varier selon les situations individuelles.