L'Australie est le pays le plus touché au monde par le mélanome. C'est aussi celui qui a inventé la prévention moderne du cancer de la peau. Son expérience, avec plusieurs décennies d'avance, éclaire les risques qui montent aujourd'hui en Europe — et la façon d'y répondre.
Avec une population à peau souvent claire vivant sous un ensoleillement intense, l'Australie cumule les facteurs de risque. Le mélanome y figure parmi les cancers les plus fréquents, et le pays affiche l'une des incidences les plus élevées de la planète. Pendant longtemps, le diagnostic arrivait trop tard.
Face à cela, l'Australie a réagi tôt et fort. Dès les années 1980, des campagnes de santé publique massives ont transformé les comportements : c'est là qu'est né le célèbre mot d'ordre « Slip, Slop, Slap » (couvrir, crème, chapeau), complété ensuite par « Seek » (chercher l'ombre) et « Slide » (lunettes).
Le message central de l'expérience australienne est simple : détecté tôt, le mélanome se soigne dans la grande majorité des cas ; détecté tard, il devient l'un des cancers les plus graves. Là où la culture du dépistage et de la surveillance s'est installée, la mortalité a pu se stabiliser, voire reculer dans les générations les plus exposées aux campagnes de prévention — malgré une incidence qui reste élevée.
Autrement dit : on ne supprime pas le risque, mais on agit au bon moment.
L'incidence du mélanome augmente régulièrement en Europe depuis plusieurs décennies. Plusieurs facteurs convergent :
L'Europe se trouve, sur ce sujet, dans une position que l'Australie a connue il y a quelques décennies — avec l'avantage de pouvoir s'inspirer de ce qui a fonctionné.
Au-delà de la protection solaire, l'enseignement majeur est celui de la surveillance régulière de la peau. Une part importante des mélanomes apparaît sur une lésion nouvelle, et non sur un grain de beauté déjà connu. Pouvoir comparer l'état de la peau d'une année à l'autre permet de repérer précocement une lésion qui change ou qui apparaît — c'est précisément le principe du suivi par cartographie cutanée.
Pour en savoir plus sur le suivi par cartographie cutanée ou prendre rendez-vous :
Prendre rendez-vous →Sources & pour aller plus loin : Institut National du Cancer (e-cancer.fr), Organisation mondiale de la Santé / CIRC, Cancer Council Australia (SunSmart). Les données épidémiologiques citées décrivent des tendances de santé publique et ne préjugent pas d'une situation individuelle.